Au Québec, l’exposition au bruit en milieu de travail représente un enjeu important de santé publique. Environ 340 000 travailleurs évoluent dans des environnements bruyants. Une exposition prolongée à des niveaux sonores élevés peut entraîner une surdité professionnelle, mais également avoir d’autres répercussions sur la santé et la sécurité.
Des tests audiométriques de dépistage sont régulièrement proposés aux personnes exposées au bruit afin de détecter d’éventuelles atteintes auditives. Toutefois, ces tests ne s’inscrivent pas toujours dans un programme de dépistage structuré et leurs effets réels sur la prévention ou l’évolution des atteintes auditives demeurent incertains.
Afin de mieux comprendre leur efficacité, une synthèse des connaissances comprenant deux revues narratives systématisées a été réalisée. Elle visait à évaluer les effets des tests audiométriques de dépistage sur deux aspects principaux :
- Prévenir l’apparition ou limiter l’aggravation des atteintes auditives causées par l’exposition au bruit en milieu de travail;
- Améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de surdité professionnelle.
Concernant la prévention ou la réduction de l’aggravation des atteintes auditives, aucune des 4 458 publications initialement recensées ne répondait directement à la question de recherche. Certaines études fournissent néanmoins des indications sur les effets possibles des interventions associées au dépistage audiométrique. Bien que les résultats soient fragmentaires et variables, ils laissent entrevoir certains bénéfices potentiels. Ces conclusions doivent toutefois être interprétées avec prudence.
Pour ce qui est de l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de surdité professionnelle, une seule étude, parmi les 1 226 publications initialement recensées, répondait aux critères d’inclusion. Ses résultats ne permettent pas de déterminer si les tests audiométriques de dépistage améliorent ou non la qualité de vie. L’étude suggère toutefois que le dépistage pourrait favoriser le port d’appareils auditifs dans l’année suivant l’intervention. Par ailleurs, d’autres travaux indiquent que certaines interventions de réadaptation auditive pourraient contribuer à améliorer différentes dimensions de la qualité de vie et à réduire les limitations associées aux atteintes auditives.
Des recherches supplémentaires, reposant sur des méthodes et des devis de recherche appropriés, seront nécessaires pour mieux déterminer l’efficacité réelle des tests audiométriques de dépistage.
Enfin, puisque le nombre de travailleurs exposés à des niveaux de bruit nocifs demeure élevé, la prévention doit s’appuyer sur une approche globale de maîtrise du risque. Conformément à la hiérarchie des mesures de prévention, la priorité demeure la réduction du bruit à la source, suivie de la réduction de l’exposition des travailleurs. Ces mesures constituent les moyens les plus efficaces pour prévenir la surdité professionnelle.



